Hommage à Jacques Schotte  – Jean Mélon – Zürich 2002

Jean Mélon

 Pour tous les szondiens de langue française et quelques autres, il est certain que le test et la théorie pulsionnelle de Szondi seraient aujourd’hui oubliés si Szondi et Schotte ne s’étaient pas rencontrés au début des années 60 et si Schotte n’avait pas d’emblée et pour toujours, situé le « Triebschema » au centre de sa réflexion théorique.Nul plus que Schotte n’a œuvré en faveur de la reconnaissance internationale de Szondi. C’est grâce à lui et à lui seul que Szondi a reçu le Doctorat Honoris Causa de l’Université Catholique de Louvain en 1969, celui de l’Université de Paris en 1978 et l’invitation à la décade de Cerisy en 1977.Avant de dire ce que Schotte a trouvé chez Szondi, il faut dire la réciproque : Szondi a trouvé en Schotte un lecteur attentif d’abord, un critique averti ensuite mais aussi et surtout, ce que le maître accepta de moins bonne grâce, un contradicteur implacable. Bref, un interlocuteur véritable.

Les postulats génétiques de Szondi et le primat qu’il accorde à l’hérédité ont fait le plus grand tort à son oeuvre, d’autant que son premier livre, «Schicksalsanalyse», a vu le jour en 1944, suivi de près par le lancement du test en 1947. L’hérédité était alors vouée aux gémonies comme un des traits dominants de l’idéologie nazie. Dieu sait pourtant que Szondi, qui en souffrit durement, n’avait rien en commun avec cette engeance.

Si Schotte rejette le postulat génétique, c’est parce qu’il est par trop commode, clôturant précipitamment le débat fondamental : si Szondi peut parler de «système pulsionnel» (Triebsystem), en quoi y est‑il autorisé ? Qu’est‑ce qui fait système dans son schéma ?

«La question que je pose depuis toujours à Szondi est celle‑ci: quelle est la logique interne du schéma ? Szondi n’a jamais douté de sa pertinence ni de la façon dont il totalise l’expérience psychiatrique, tout en n’osant jamais non plus, c’est son côté sceptique, en assumer les conséquences explicitement» (Schotte, 1981).

Schotte a toujours eu une prédilection particulière pour l’expression: «faire un sort à ..», qu’il a souvent mise en oeuvre de la manière la plus heureuse. Tous ceux qui ont eu la chance de bénéficier de son enseignement savent à quoi je fais allusion.

Ainsi faisait‑il subir aux dyades, triades et tétrades rencontrées chez les grands qu’il fréquente quotidiennement, Freud en tête, une «Aufhebung» si radicale qu’elle en est devenue très souvent, pour nous qui assistions à l’opération, définitive. On peut être exégète sans cesser d’être pro‑phète, au sens étymologique de celui qui promeut la parole d’un Autre. Le jour où nous aurons à dresser l’inventaire de notre dette intellectuelle et spirituelle, il suffira de commencer par faire la liste des formulations que Schotte aura rendues fameuses, au sens de l’anglais «famous», en leur «faisant un sort».

A la question de savoir ce que Schotte a trouvé chez Szondi, la réponse est, pour les initiés, bien connue désormais. Il y a trouvé le schéma qui série, met en forme et articule les «catégories» dignes d’être retenues comme les éléments originaires «de toutes les destinées possibles de l’homme en tant qu’homme». Avec le schéma pulsionnel de Szondi, la voie est ouverte pour l’élaboration d’une psychiatrie théorique qui serait enfin authentique, c’est‑à‑dire «auto‑logique». Une nouvelle discipline voit le jour, que Schotte a nommée «Pathoanalyse», en référence à la célèbre métaphore du cristal produite par Freud dans les «Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse».

Mais un schéma, un système qui plus est, quand on lui «fait un sort» aussi privilégié, n’est‑ce pas le symptôme du «sorcier» succombant à la ten­tation du savoir absolu, tellement contraire à l’esprit de la psychanalyse ? Ce n’est pas ici le lieu d’entamer un débat épistémologique, certes crucial. Qu’il suffise de dire que la perspective structurale, loin de s’opposer au point de vue analytique, est ce qui le justifie et le fonde, tout en le prémunissant contre le danger de sombrer dans le « rhapsodique » qui n’est plus alors qu’une forme de l’arbitraire. Il y a de bons schémas qui aident à l’analyse, et de mauvais qui l’entravent.

C’est en lui faisant subir une cure «structurale» que Schotte amor­ce son dialogue avec la Schicksalsanalyse. La «Notice pour introduire le point de vue structural de la Schicksalsanalyse», offerte à Szondi pour son soixante‑dixième anniversaire (1963) sera publiée l’année suivante dans «Szondiana V».

Cette «Notice», témoin de la dette contractée par Schotte à l’égard de celui qu’il reconnaîtra toujours comme « le maître », constitue un effort sans précédent pour hisser Szondi à la place qui lui revient : «Le plus grand des méconnus, et le plus méconnu des grands psychanalystes post‑freudiens» (1969). Schotte montre com­ment Szondi, pensant à la fois en termes de dyades, de triades et de tétrades, mérite de figurer dans la ligne d’une tradition qui, datant des origines de notre pensée, grecque d’abord et allemande enfin, continue de se manifester chez les plus grands penseurs de notre temps.

A travers le «Triebsystem», Szondi a fait, écrit Schotte, «le compte des facteurs structurants de toutes les destinées possibles de l’homme en tant qu’homme» : il nous a donné le «catalogue» complet de ces «facteurs» et surtout, il n’a pas craint d’en proclamer la «clôture». Le système pulsionnel n’aurait donc pas volé son appellation de système.

Pendant les années qui ont suivi la publication de la «Notice», Schotte et ses élèves se sont préoccupés de montrer que la systématique szondienne pouvait se comparer utilement à d’autres, notamment la systématique laca­nienne et les schémas de la linguistique structurale. On peut trouver un aperçu de ces recherches dans le numéro spécial, consacré à Léopold Szondi, de la «Revue de psychologie et des Sciences de l’éducation», 1971, volume 6, numéro 4, Editions Nauwelaerts, Louvain.

Au cinquième colloque de la «Société internationale de recherche en psychologie du destin» (Louvain, 1969), Schotte disait ceci:

«Du point de vue de l’histoire de la psychanalyse, l’oeuvre de Szondi se place au même moment ‑ structural ‑ que celle de Jacques Lacan. A travers les différences d’accent permanentes entre ces deux auteurs, l’autre aspect de leur rapprochement à faire se retrouve dans leur promotion du problème du moi …. Une fois encore, de Lacan à Szondi, se marque une liaison dans laquelle si souvent il faudra interpréter le second notamment à travers les concepts du premier… le génie szondien propre s’avérant d’ordonnance par totalisation. ( … ) Mais le projet de la Schicksalsanalyse ne s’est pas épuisé dans la seule sériation des vecteurs de son schéma fondamental. Au sein même de ceux‑ci, c’est du même pouvoir d’ordonnance et d’articulation interne que Szondi devait faire preuve par la distribution de ses «besoins» pulsionnels. A ce niveau des choses où se manifeste seulement toute la dialectique qui s’y trouve mise en place, c’est une série de processus psychanalytiques qui vient prendre le relais des catégories psychiatri­ques ( … ) Nous ne faisons guère que vraiment commencer à ressaisir dans sa profondeur toute la problématique szondienne ( … ) Ce sont surtout les oeuvres de Lacan d’une part, des phénoménologues et Daseinsanalystes d’autre part, qui peuvent faire progresser par ailleurs cette problématique en son lieu de base freudien. L’œuvre de Szondi, en retour, éclaire considérablement celles des auteurs cités et avec elles tout le champ ouvert par l’analyse dans le monde contemporain» (Schotte, 1969).

En 1972, à Zurich, à l’occasion du sixième colloque, Schotte lança une autre idée qui devait s’avérer féconde. Il y a, disait‑il, une affinité élective entre les quatre vecteurs pulsionnels de Szondi et les quatre déterminants de la pulsion selon Freud: but, objet, poussée et source. A posteriori, il apparaît que l’accent s’est alors déplacé du «System» vers le «Trieb». Si la notion de système a d’abord été au centre des préoccupations de Schotte, c’est maintenant celle de pulsion qui vient à l’avant‑plan, allant de pair avec la promotion de la question du procès thérapeutique.

Les déterminants de la pulsion peuvent aussi bien être considérés comme des «moments» de l’«actualisation» d’une disposition pulsionnelle quelconque, moments qui ne sont qu’artificiellement décomposables dans la mesure où ils sont imbriqués dans un procès global toujours virtuellement en passe de s’accomplir en acte. Ainsi peut on dire que la source est toujours déjà en activité dans l’attente du déclencheur qu’est l’objet; ensuite de quoi survient la poussée, moment subjectif par excellence qui correspond au surgissement de l’affect et qui réclame d’une manière plus ou moins urgente une décharge, c’est à dire une satisfaction, en quoi réside le but de la pulsion.

Cette dynamisation toujours accrue des éléments du système, déjà présente dans la lecture triadique inspirée de Deese et qui renvoyait à la trilogie base (C) ‑ fondement (S‑P) ‑ origine (Sch), devait aboutir à la théorie des «circuits pulsionnels».

La représentation du circuit a été produite pour la première fois par Schotte en 1975, dans les termes suivants :

     C1        S2         P3        Sch4

«Ainsi existe dans chaque vecteur un facteur dont la dialectique interne est médiatisée par l’autre. Ce facteur comporte la réaction la plus primitive et la plus élaborée: le passage de l’une à l’autre se faisant par l’autre facteur qui sert donc de médiateur. Ainsi surgit une homologie entre les quatre facteurs « médiateurs » (d, s, hy, k) et les quatre autres (m, h, e, p). En les rapprochant de la dialectique du travail et de l’amour, par laquelle Freud définit la santé, on peut poser que les facteurs « médiateurs » représentent dans chaque vecteur le facteur du type travail; les autres constituent le facteur du type amour… D’autre part, se retrouve à l’intérieur de chaque vecteur un mouvement homologue à celui dans lequel se lit depuis longtemps le sché­ma: la lecture triadique (I = C; IIa = S, II b = P; III = Sch) qui postule une complexité croissante de C à Sch, en passant par S et P, puisque le même mouvement formel de médiation du passage du premier au troisième niveau par le biais d’un registre bi‑parti s’observe maintenant au sein de chaque vecteur.

Ces développements débouchent enfin de compte sur la réinscription du schéma dans un ensemble qu’on peut rapprocher dans sa forme de la table de Mendelejev. Soit:

1 2 3 4
C S P Sch
1 C m+ d- d+ m-
2 S h+ s- s+ h-
3 P e- hy+ hy- e+
4 Sch p- k+ k- p+

où chaque ligne horizontale représente une série de complexité croissante et où chaque ligne verticale constitue un groupe où se retrouvent des éléments qui ont entre eux certains rapports de structure. Ainsi émergent des rapports d’intrication qui imposent que le schéma szondien tient ensemble par des lois de structure et ne résulte pas d’une réunion fortuite d’éléments divers».

Jacques Schotte, Recherches nouvelles sur les fondements de l’analyse du destin, Louvain, Centre de Psychologie Clinique, 1975‑1976, pp. 93‑94).

La théorie des circuits permettait de franchir un pas décisif dans la compréhension de la logique interne du système.

Chemin faisant, en 1978, j’ai émis l’hypothèse d’une homologie structurale entre les quatre vecteurs szondiens et quelque chose qui, chez Freud, fait système et qui évoque précisément la notion kantienne de «Kategorie», à savoir la série des «fantasmes originaires» (Urphantasien). Leur mise en correspondance s’effectue, pour ainsi dire, d’elle‑même: C-­retour au sein, S‑séduction, P‑scène primitive, Sch‑castration. Cette mise en parallèle fut l’occasion d’une nouvelle vague d’élaborations théorico-­cliniques. Les fantasmes originaires, Laplanche et Pontalis l’avaient déjà dit dans leur mémorable article paru dans les «Temps Modernes» (1964, n°215), apparaissaient comme les médiateurs de la transformation de ce que nous avions pris l’habitude d’appeler «positions pulsionnelles» en autant de «positions personnelles».

Les « fantasmes originaires », en tant qu’ils sont l’équivalent, Freud le dit explicitement, non des pulsions mais de l’instinct, défaillant chez l’animal humain, offrent aux szondiens l’occasion d’une alternative épistémologiquement correcte aux « gènes » puisqu’ils représentent l’ « héritage phylogénétique de notre espèce ». Faire référence aux fantasmes originaires, c’est évoquer une réalité dont tout psychanalyste entend l’écho chaque jour dans le dire de ses analysants. Invoquer les gènes, par contre, c’est user d’ un référent qui n’est pas identifiable comme tel, c’est une abstraction sans substrat repérable. Ceci dit, il va de soi que les « fantasmes originaires » s’enracinent dans les gènes mais nous ne pouvons dire lesquels. Disons le franchement : la fidélité pieuse mais absurde à la théorie génique des pulsions est une erreur épistémologique qui enferme la théorie szondienne dans un dogmatisme fatal.

La question de la « personnation » a suscité une réflexion nouvelle, proche de la question szondienne inaugurale concernant la destinée humaine, portant sur ce qu’il faut entendre par cette notion de position personnelle, la personne, à la différence du moi et du couple moi‑objet n’étant pas jusqu’à présent un concept psychanalytique. Elle peut le devenir, et conduire derechef à une révision féconde du concept du moi, à condition d’en revenir et de s’en tenir à l’acception, pour ainsi dire grammaticale, de la personne : Il (Es-1), Il, elle (Er, Sie –2), Tu (Du-3), Je (Ich-4).

Les articles «Positions personnelles et positions pulsionnelles» (1981) et «Fantasmes originaires, nosographie psychiatrique et positions personnel­les» (1984) montrent à quel point cette question est importante pour l’élabora­tion d’une nosographie psychiatrique qui décollerait enfin du point de vue descriptif où elle se cantonne depuis toujours, et plus que jamais dans l’actuel DSM4 qui signe la mondialisation d’une pensée unique, c’est à dire l’ absence de pensée dans la psychiatrie moderne.

Animé d’une énergie farouche, le souci d’une nosographie raisonnée et proprement humaine court à travers tout l’œuvre de Schotte, avec le projet soutenu de fonder une authentique « anthropopsychiatrie ».

Si l’opposition conjonctive entre névrose et perversion a été décisivement pointée par Freud dans la formule bien connue: «La névrose est pour ainsi dire le négatif de la perversion», il n’en va pas de même pour les psychoses et les troubles de l’humeur dont l’articulation avec l’axe névrotico‑pervers restait à faire. C’est chose faite, implicitement, dans le schéma szondien. Ce qui permet à Schotte de faire un sort (encore un) à l’aphorisme de Hans Binder: «Les psychopathes sont des thymopathes», et de doubler la formule freudienne par cette autre, aussi suggestive qu’éclai­rante : «La psychose est pour ainsi dire le positif de la psychopathie».

Psychanalyste, psychiatre et professeur de psychologie clinique, pour ne citer que ses titres officiels, Jacques Schotte ne s’est jamais accommodé des dichotomies proprement idéologiques qui alimentent indéfiniment, au départ de la notion suspecte d’étiologie, le divorce entre ces disciplines, et le schisme en leur sein même. Une fois de plus, Schotte trouve chez Szondi le «Pontifex oppositorum» qui, loin d’un fade oecuménisme, permet de contrer le morcellement théorétique contemporain et de relancer inlassablement une confrontation interdisciplinaire qui ne tournerait pas immédiatement au dialogue de sourds.

Quand on fera l’histoire de l’«Ecole de Louvain», il faudra aussi dresser la liste de toutes les amitiés que Schotte aura précipitées entre une foule de gens qui, sans son intervention, ne se seraient jamais rencontrés ni même connus.

Me souvenant du sort qu’il fit à l’opposition complémentaire évoquée par Freud dans «La dynamique du transfert» entre le «démonique» et le «tychique», je dirais volontiers que le «démon» de Schotte se confond avec un immense appétit de «tuchè».

Nul mieux que lui ne pratique cet art de la rencontre, des rencontres qu’il ne cesse de pro‑voquer, ob‑ligeant aux dia‑logues les plus imprévus, les plus fertiles, les plus destinaux en définitive, ceux qui ne sont pas fermés à l’invite.

S’il est une qualité morale que tous lui reconnaissent, c’est une formidable générosité.

Schotte hat eine einzigartige Eigenschaft : seine ausserordentliche Freigebigkeit.

Homme de la parole, penseur en marche, proprement péripatétique, forgeron du concept, prodigieux orateur dédaigneux du «d’abord écrit», voyageur impénitent comme l’étaient les présocratiques (dont il a gardé les sandales), il nous invite à sortir des sommeils dogmatiques

Schotte a souvent répété : « Ce que j’ai fait, ce ne sont que traces sur le sable ». Le siècle qui s’ouvre semble donner raison à ce pessimisme. Mais nous qui avons été nourris de sa parole, nous n’en croyons rien.

Celui qui n’a d’autre souci que la vérité ne peut pas se tromper.

Comme l’a écrit le poète français André Salmon : « Le vrai est toujours neuf ».

Das Währe ist immer neu.

 

 

Résumé : Un génie a souvent besoin d’un autre génie pour être reconnu. C’est ce qui est arrivé avec la rencontre entre Szondi et Schotte. Schotte a tout de suite compris combien était géniale l’invention de Szondi. A travers le Système des Pulsions, Szondi avait représenté la série complète des fonctions pulsionnelles élémentaires et essentielles dans leur ordonnancement  idéal.  C’était une authentique création. Elle permettait de comprendre d’un point de vue entièrement nouveau aussi bien les concepts de la psychiatrie phénoménologique et psychanalytique que les faits cliniques. Mais Schotte ne pouvait pas accepter le lien étroit établi par Szondi entre pulsions et gènes. D’une part, la théorie génique était trop simple, d’autre part et en outre elle était dépourvue de preuve. La théorie génique est effectivement une fantasmagorie sans fondement scientifique. Le problème fondamental se trouve ailleurs, dans l’élucidation de la logique interne du système pulsionnel, comme Schotte n’a cessé de le répéter. Cette logique est apparue clairement, de façon soudaine, en 1975, quand Schotte a découvert le tableau des circuits pulsionnels généralisés. Il y avait enfin un argument de poids en faveur de la valeur intrinsèque du système pulsionnel.

Dès le début de sa vie scientifique, Schotte a placé le schéma pulsionnel de Szondi au centre de son élaboration théorique. Il n’a jamais cessé, avec une fidélité sans faille, de persévérer dans la même voie.

Tous les szondiens d’expression française partagent le même avis : sans Schotte, l’œuvre de Szondi serait aujourd’hui partout tombée dans l’oubli. Grâce à Schotte, le nom de Szondi restera célèbre à l’avenir et pour toujours. C’est pourquoi nous parlons désormais de la théorie pulsionnelle de Szondi-Schotte.

 

Summary : A genius often needs an other genius to be aknowledged. Such an event happened when Schotte and Szondi met one another. Schotte immediately understood how genial  was Szondi’s invention. Through the Drives’ System Szondi has pointed out the whole group of the essential drives’ functions in a perfect order. It was a real creation which allowed to catch the concepts of the phenomenological and psychoanalytical psychiatry as well as the clinical facts from a new point of view. But Schotte could not agree with the narrow link between drives and genes. The genic theory was too simple and missed any evidence. The genic theory is only a phantasmagoria without any scientifical background. The basic problem lies elsewhere : why is the system a true real one with its own logical rules ? These rules clearly appeared in 1975 when Schotte suddenly discovered the picture of the drives’ circuits. There was finally a kind of proof for the intrinsic value of the drives’ system. From the beginning of his scientifical life Schotte has put Szondi’s Schema in the middle of his theorical thinking. He always worked through in the same way with a constant faithfulness.

All the french Szondians think together that without Schotte the szondian work would be forgotten nowadays . Owing to Schotte the name of Szondi will remain famous in the future and for ever. Therefore we may now speak about Szondi-Schotte’s drives’ theory.

 

 

Zusammenfassung : Einer Genie braucht oft einen zweiter um erkannt zu werden. Es geschah so was die Begegnung zwischen Lipot Szondi  und Jacques Schotte betrifft. Schotte hat sofort verstanden wie genial die Szondi’s Erfindung war.

Dank dem Triebsystem hatte Szondi die ganze Reihe der elementar wesentlichen Triebfunktionen in ihrer idealen Ordnung vorgestellt. Das war eine echte Schöpfung. Sie erlaubte die Begriffe der phänomenologischen und psychoanalytischen Psychiatrie sowie die klinische Phänomenen von einem neuen Standpunkt zu erfassen.

Schotte könnte doch nicht die enge Beziehung zwischen Triebe und Gene annehmen. Einerseits war die Gentheorie zu einfach, anderseits gab es dafür ausserdem kein Beweis. Die Gentheorie ist tatsächlich eine reine Phantasmagorie ohne wissenschaftlichen Realität. Das grundlegende Problem liegt anderswo, wie Schotte hat es immer wiederholt, das heisst in der inneren Logik des System. Diese Logik erschien klär in 1975 als Schotte plötzlich  die Vorstellung der vorallgemeinerten Triebumlaufsbähnentheorie entdeckte.

Es gab jetzt ein Art von Beweis für die echte Werte des Triebsystem.

Am Anfang seines wissenschaftlichen Leben hatte Schotte schon das Triebsystem in der Mitte seiner theoretischen Verarbeitung gestellt. In demselben Weg hat er niemals, mit einer beständigen Treue, zu beharren aufgehört.

Alle  französische Szondianern haben die gleiche Meinung : ohne Schotte hätte man heutzutage das Werk Szondis völlig  überall vergessen.

Dank Schotte wird die Name Szondi’s in der Zukunft und für die Ewigkeit berühmt bleiben.

Darum sprechen wir nun über die Szondi-Schotte’s Triebtheorie.

 

 

Zürich, 1-4-2002.