Paroxysme, révolte et surprise.

Jean MELON – Ce texte a fait l’objet d’une conférence au 2e Colloque du CEP , »Paroxysmalité et crise » en novembre 1989.

 

Car il n’y a pour l’homme, demeuré libre, de souci plus constant, plus cuisant que de chercher un être devant qui s’incliner…  il n’y a pas, je te le répète, de souci plus cuisant pour l’homme que de trouver au plus tôt un être à qui déléguer ce don de la liberté que le malheureux apporte en naissant…. Il n’y a rien de plus séduisant pour l’homme que le libre arbitre mais aussi rien de plus douloureux… Tu as accru ta liberté humaine au lieu de la confisquer et tu as ainsi imposé pour toujours à l’être moral les affres de cette liberté. Tu voulais être librement aimé, volontairement choisi par les hommes charmés. Au lieu de la dure loi ancienne, l’homme devait désormais, d’un cœur libre, discerner le bien et le mal, n’ayant pour se guider que ton image ,mais ne prévoyais-tu pas qu’il repousserait enfin et contesterait même ton image et ta vérité, étant accablé par ce fardeau terrible :la liberté de choisir … tu as ainsi préparé la ruine de ton royaume :n’accuse donc personne de cette ruine … Il y a trois forces, les seules qui puissent subjuguer à jamais la conscience de ces faibles révoltés, ce sont: le miracle, le mystère, l’autorité! Tu les as repoussées toutes trois, donnantainsi un exemple.

(Et le Grand Inquisiteur, patron de tous les despotes éclairés et de tous les totalitarismes « à visage humain », d’expliquer au Christ qu’il a fait mieux que lui, qu’il a vraiment aimé les hommes parce qu’il les a libérés de ce fardeau insupportable: la liberté, qu’en lieu et place de celle-ci il leur a proposé quelque chose qu’aujourd’hui on nommerait idéologie et que par-là, l’homme a été libéré de laliberté) …

Ils comprendront la valeur de la soumission définitive. Et tant que les hommes ne l’auront pas comprise, ils seront malheureux … Ils deviendront timides, ne nous perdront pas de vue et se serreront contre nous avec effroi comme une tendre couvée sous l’aile de la mère …

Dostoïevski.Le Grand Inquisiteur,in « Les Frères Karamazov »,Trad.Henri Mongault, Gallimard, La Pléiade, 1952,pp.267-287.

 

L’épilepsie et l’hystérie présentent la particularité de se manifester à travers des crises, lesquelles surviennent sur fond d’une organisation psychique singulière qu’à la suite de SZONDI nous qualifions de paroxysmale.

Ce sont aussi des affections déroutantes et surprenantes non seulement par le caractère imprévisible de leur évolution mais par l’extraordinaire polymorphisme de leurs manifestations cliniques, si bien que depuis que les médecins s’en préoccupent et jusqu’aujourd’hui encore, leur définition et la classification de leurs différentes formesconstituent un véritable casse-tête.

Beaucoup d’ailleurs se découragent.

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