Jean Mélon

Le complexe d’Oedipe à la lumière des rites de passage.

Jean Mélon

 

1 L’âge moderne

En tant que période de l’existence humaine et que processus de développement psychique, l’adolescence n’a pas toujours été telle qu’elle apparaît de nos jours et dans nos contrées. Loin d’être universel et atemporel, le phénomène est aussi singulier que récent. Il reste encore limité à l’aire de civilisation occidentale et son origine n’est guère antérieure à deux siècles. Philippe ARIES (1914-1984) a écrit que : « Si la jeunesse a été l’âge du 18ème siècle et l’enfance celui du 19ème, l’adolescence est l’âge du 20ème siècle ». Il fut donc un temps, pas très éloigné , où les notions de jeunesse et d’adolescence ne se recouvraient pas. L’évolution de la langue en témoigne. Si le verbe latin « adolescere » signifie « grandir », le mot adulte, dérivé d’ « adultus», participe passé du verbe précité, a le sens de « celui qui est devenu grand ». Le mot «adolescent» est apparu dans la langue française vers la fin du 16ème siècle mais il était alors peu employé et désignait un « jeune homme inexpérimenté et naïf ». Cette signification ironique et péjorative persistera jusqu’au milieu du 19ème siècle. A cette époque, c’est le terme « adulte » qui désignait celui que nous nommons aujourd’hui « adolescent ». C ‘est vers la fin du 19ème siècle qu’adulte cède la place à adolescent dans l’acception que nous connaissons aujourd’hui. Ainsi, dans «Les illusions perdues » (1840), BALZAC oppose encore à Vautrin, présenté comme un « homme d’âge mûr », les « adultes » Eugène de Rastignac et Lucien de Rubempré.

Ce n’est donc qu’au 20ème siècle que l’adjectif adulte qualifie définitivement la maturité psychique.

 

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